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« Mieux s'instruire par fuite que par suite » ou Comment user des erreurs d'autrui / Bernard Sève, in "L'erreur chez Montaigne colloque", organisé par la Société internationale des amis de Montaigne avec la collaboration de l’Université Bordeaux Montaigne (Centre Montaigne-TELEM) et la Maison des Sciences de l’Homme d’Aquitaine (MSHA), Bordeaux, 3-5 décembre 2014. Thématique 5 : Fécondité de l'erreur.Les "Essais" de Montaigne apparaissent à bien des égards comme un
inventaire des erreurs en tout genre : erreurs des sens ou « de
fantasie », « erreurs médicinales », juridiques, philosophiques,
religieuses, politiques, voire naturelles, le tout encore fondé sur une pensée
de la Chute qui fait de la Créature une errans mus. Cette perspective
descriptive, spectatrice, se double d’une perspective critique, qui s’emploie,
avant le cartésianisme, à réfléchir sur le statut de l’erreur, mais également
son usage : erreur volontaire ou involontaire, « particulière »
ou « populaires », rapport à la représentation, au simulacre, au
mensonge, mais également gestion de l’erreur par l’institution ou le sujet, avec
éventuellement à la clé la reconnaissance, la réparation, la correction. Quel
rôle joue l’erreur dans le fonctionnement même du texte des Essais, et
dans l’éthique singulière qu’il élabore et pratique. Le procès incessant des
leurres du savoir et du pouvoir informe ainsi le mouvement de cette
« chasse de connaissance » inédite, et l’image du sujet écrivant et
pensant qu’elle doit refléter. Dans un esprit naturellement pluridisciplinaire,
ce colloque entend mieux cerner, à partir de l’enquête sur l’erreur, l’œuvre
complexe de l’écrivain bordelais.
Mot(s) clés libre(s) : Michel de Montaigne (1533-1592), vérité (épistémologie), savoir et érudition